29.01.2008
V-6
Saucissonné, tuméfié, trimballé dans la bagnole des albanais, Anatole, comprit qu'il avait joué le rôle de la chèvre pour appâter le loup.
Asha, savait qu'ils étaient suivis... Elle l'avait livré en pâture... Était-ce pour piéger les albanais ? Était-ce pour les suivre à son tour ? Était-ce pour lâcher du lest et avoir les mains libres ?
En attendant, il avait dégusté... Cette fille était folle, elle jouait avec sa vie... Si tant est qu'elle les suivait...
Sur les cailloux du chemin, chaque soubresaut était une torture pour son corps meurtri... Quand ce n'était pas leurs cigarettes qu'ils s'amusaient a éteindre sur son corps en ricanant, lui arrachant des cris de douleur que le bâillon étouffait à peine.
Ces types étaient vraiment des abrutis, ils continuaient à lui parler en espagnol alors qu'il est évident qu'il ne maîtrisait pas cette langue
_A dondé e la chica ?
15:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2008
V-5
Anatole pissait consciencieusement en s'appliquant à contrôler la régularité du jet, quand le type est arrivé dans son dos avec un petit chapeau noir ridicule. Il plaqua le canon glacé de l'arme sur sa nuque et murmura dans un mauvais espagnol : " A donde e la chica ?" (Où est la fille?)
Anatole ne supportait pas qu'on lui parle dans une autre langue que la sienne, sans que soit faites les présentations d'usage. C'était d'une rare impolitesse.
Avait-il seulement l' air d'un espagnol? A peine d'un Catalan.
Comme il ne trouvait pas de réponse à cette question, qu'il pressentait que sa non-réponse pouvait entraîner une mort immédiate et qu'il avait les deux mains occupées, Anatole, dans un éclair de violence, effectua un brutal quart de tour, le coude a hauteur de l'estomac du quidam... qui valsa contre le mur.
La première balle atteignit pile-poil le tuyau d'arrivée d'eau qui se mit à gicler, leur brouillant la vue. Anatole enchaîna par un magistral coup de pied dans le bas ventre et il allait l'achever d'un coup de genou dans le pif quand les deux autres lascars encadrèrent la porte arme au poing.
Anatole leva poliment les bras et encaissa l'uppercut qui le plia en deux.
10:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2008
V-4
Asha décida qu'il devaient se séparer, pour un temps. C'était brutal et soudain. Ça n'avait pas vraiment de sens.
Elle laissa entendre qu'ils seraient moins vulnérables et qu'ils multiplieraient les chances de s'en sortir...
Anatole n'avait pas l'intention de disparaître.
En même temps, il n'avait pas d'arme, lui... C'est alors qu'Asha lui confia un minuscule Derringer à deux coups. Une arme pas très récente, mais efficace et discrète. Et un lot de cartouches.
_ Tiens, voilà le holster, tu mets ca dans ta chaussette ou sous le bras...c'est au choix... dit-elle en riant.
Elle lui colla un énorme baiser sur la joue, qui dégénéra rapidement en "french kiss" langoureux et passionné... et d'ajouter :
_ Bon, y faut se quitter maintenant, sinon on va faire ça sur le trottoir...
18:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.01.2008
photo nhd
15:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2008
V-3
Tout à une fin, à la huitième Yeshiva qu'ils visitèrent dans un petit village du Souss, la porte était bloquée par un amas de branchages qu'ils dégagèrent péniblement.
L'odeur était pestilentielle... probablement un mouton égaré, ou un chien qui est venu mourir là, pensa Anatole.
Il faisait sombre, Asha alluma sa lampe torche et balaya les recoins de la pièce encombrée d'objets divers...
Un fosse avait été creusée dans le milieu de la pièce, ils s'approchèrent prudemment...
Un homme, en djellaba, couvert de mouches dansantes sur son visage maculé de sang noir et coagulé gisait au fond de la fosse...
Anatole eu un mouvement de recul et de dégoût... Asha observa posément le corps, nota les traces de coups et les blessures... elle sortit même son appareil à photo, un petit Ricoh ultra plat et prit calmement une série de clichés.
Elle quitta prudemment la pièce, la main sur la crosse de son revolver, invitant Anatole à la suivre, d'un signe de tête...
_ Les albanais... murmura-telle simplement quand elle se fut assurée que le passage était libre...
12:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.01.2008
V-2
_ Anatole, tu devrais pas écrire! Tu sais que c'est interdit par le règlement de l'école militaire !! Un agent secret ne dois pas laisser de traces !!!
Asha le sermonna en sortant de la douche, une serviette, nouée sous les bras...
_ Si on meurt, je veux que Salma sache et témoigne, fit Anatole en posant son stylo et en s' approchant d'elle...
Il dénoua la serviette qui glissa sur le sol... Asha ne se fit pas prier, ils roulèrent sur le sofa. Elle était propre comme un sou neuf et sentait bon le savon dans toutes les failles de son corps... Ce qu'Anatole s'employa à vérifier...
Il pensa à cette lettre de Napoléon revenant de la campagne d'Italie, à Joséphine de Beauharnais, alors sa maîtresse, et qui était l'antithèse du corps propre et parfumé d'Asha...
"Joséphine, ne te lave pas, j'arrive dans quinze jours!!"
19:05 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
V-1
"La vie d'espion, c'est la galère. Faut se taper des centaines de bornes dans le djebel, archiver et visiter toutes les yeshivas (écoles talmudiques) et les synagogues abandonnées des mellâhs du Souss et de l'Atlas, avec un appareil photo en bandoulière et des lunettes de soleil pour faire touristes, sans oublier le chapeau ridicule.
Bien sûr il faut filer la pièce au vieux gardien berbère quand il a retrouvé la clé ou qu'il est décidé à se lever du café où il fume le kif avec les chibanis (les anciens).
On dit qu'on fait un reportage sur les lieux de cultes, on file double pourboire au gardien pour qu'il nous laisse tranquille une heure ou deux et on inspecte minutieusement le sol et les murs. Est-ce que de la terre a été remuée? Est-ce que des pierres ont été déplacées?
Asha sort sa mini poêle à frire, son détecteur de métaux et inspecte le sol. Si une masse métallique se signale, vite je sors ma pelle repliable et je creuse, pour ne trouver généralement que vieux clous rouillés ou des capsules de bière..."
11:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2008
IV-12
Anatole déchira consciencieusement le billet d'avion en petits morceaux, qu'un coup de vent emporta, et se tourna vers Asha :
_ Il fallait pas faire l'amour avec moi si tu voulais que je te quitte... Trop tard !
_ Anatole, don't litttter ! (ne pollue pas!) fit Asha moqueuse, avant d'ajouter un sourcil levé... Are you in love baby...?
_ Non, j'aime Sonia... mais toi je te protège, je veux pas t'abandonner... en plein danger... dans le désert...
_ T'inverse pas un peu mes rôles mon poussin ??
_ Et puis si je te perds, comment je fais pour retrouver Sonia ? Tu mon seul lien avec elle...
_ Y a du vrai... Alors je te tiens, t'as un fil à la patte...
Le professeur arriva, les lunettes sur le front, il tenait une magnifique carabine, genre chasse au rhinocéros, avec lunette de visée sur dimensionnée..
_ Avec ça je les attends tes Albanais... Je leur fais sauter le caisson moi... avec ce qu'il leur reste de cervelle...
_ Mon dieu ! Le capitaine Haddock... Murmura Sonia...
22:50 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.01.2008
IV-11
A la fin du déjeuner, Asha glissa une enveloppe à Anatole. Il la prit et l'ouvrit avec étonnement. Elle contenait un billet d'avion, un aller simple pour la France.
_ Tu veux que je m'en aille? Tu me congédies ?
_ Non, Anatole, je te donne la possibilité de partir, de choisir, je t'offre une porte de sortie... Je t'ai entraîné, jusque là, je pensais que ce serait du gâteau... Mais les choses ne vont pas comme... les jours à venir vont être...
_ Être quoi ?
D'abord Asha ne répondit pas, elle sortit le revolver qui ne quittait pas son sac à main et le posa sur la table. Elle caressa longuement la crosse noire et striée, pencha la tête en arrière et poursuivit...
_ Anatole, la maffia Albanaise est sur le coup... ce sont des monstres , mais des crétins avinés... mais le Mossad... on gagne pas contre le Mossad, on court... et plus on court vite, plus on a de chance de rester en vie...
Et d ajouter ironique et cruelle, un éclair de violence dans les yeux :
_ Personne ne court aussi vite qu'une balle... Donc je te rends ta liberté... choisis...
21:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2008
IV-10
Anatole finit par se réveiller, il était seul dans la chambre et le lit... Les draps étaient sens dessus-dessous.
Il se leva et entendit des bruits de voix au rez-de-chaussée. Il descendit pieds nus. Dans l' entrebâillement de la porte, il vit Asha et le professeur qui discutaient devant la valise de billets.
_ No, Asha, i don't want that bullshit in the world... keep your money back...
Asha devina la présence d'Anatole, referma calmement la valise et fit un large sourire, imitée par le professeur qui leur tendit les bras et les guida gentiment vers la terrasse.
_ Anatoule ! Votre petit déjeuner dehours...
Sous les arbres en fleurs du jardin, une petite table couverte d'une nappe : Miel, crêpes comme des dentelles, café au lait, pain, huile d'olive et dattes les attendaient.
_ Il est têtu comme une mule, fit Asha quand le professeur fut parti. Il prétend que sa découverte va raviver la haine et les tensions.. Il veut que son secret disparaisse avec lui...
Et de poursuivre trempant son pain dans l'huile d'olive...
_ Il m'a juste dit que les parchemins sont dans une urne enterrée dans une yeshiva ou la synagogue d'un mellâh du Souss...
_ Et alors?
_ Il y avait un mellâh et une synagogue dans la plupart des villes et bourgs du pays berbère...
_Tu comptes faire quoi ?
_ Il va falloir dresser la carte et s 'y coller...
17:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
IV-9
Le Mossad finit par décider que c'était un avantage, si on les soupçonnait, qui pourrait imaginer que des agents du Mossad sont homosexuels...
Tout ce qui pouvait égarer l'attention des services du contre-espionnage étranger était bon à prendre...
A cet égard, Asha avait un raisonnement similaire. A Anatole, qui s'obstinait à ne pas comprendre pourquoi elle l'avait choisi pour cette action, elle avait répondu, énigmatique et moqueuse, conduisant d'une main, fumant de l'autre sur les pistes chaotiques : " Avec ta gueule de boche, personne va te soupçonner..." et d'ajouter "...on fait pas un beau couple tous les deux ?"
Anatole n 'était pas plus avancé.
Elle avait enfoncé le bouchon un peu plus, lorsque croisant un bus de touristes allemands, elle avait lâché "Tiens, les waffen-SS sont en vacances..."
C'était son humour, pas vraiment juif new-yorkais...
11:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.01.2008
IV-8
Le Mossad, qui savait très bien qu'ils n'étaient pas homosexuels, s'est quand même demandé s'il était bien sérieux de lancer dans la nature deux hommes liés par une telle amitié. Amitié amoureuse sans doute, comme toutes les amitiés fortes, même si elle n'était pas consommée.
Mais il y va en amitié comme en religion, les non-pratiquants sont souvent plus souples , tolérants et malléables que les pratiquants et les intégristes...
Le Mossad savait également que 80% des couples homosexuels n'étaient pas stables, qu'ils étaient hantés par le désir de "drague" et que même si la fidélité des 20 % restant était à toute épreuve, et bien plus forte que celle des couples hétérosexuels, il en conclut, que chaque homme, chaque agent avait sa part de mystère et qu'il était vain d'exiger la perfection sociale...
23:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
photo asha
16:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
IV-7
Gad et Dov étaient deux Golanis, des soldats d'une unité d'élite célèbre, bien qu'il existe une vingtaine d'unité d'élites au sein de Tsahal, l'armée israélienne¨.
L'armée la plus efficace du monde au niveau de l'entraînement, l' armement, la logistique, l' encadrement , le renseignement, les méthodes...
Gad et Dov étaient des amis d'enfance, il s'étaient connus sur les banc de l'école d'un Moshav (ferme associative) dans la vallée du Jourdan.
Ils étaient amis et se fréquentaient régulièrement. A trente ans, ils n'étaient pas mariés, et cela avait été un frein à leur intégration dans les unités d'action du Mossad.
Car le Mossad aime bien que ses agents aient une famille, des enfants, paradoxalement ça les rend plus déterminés, plus courageux, plus aptes à défendre leur patrie que des célibataires toujours perméable à une rencontre, une aventure, une liaison qui peut infléchir leur chemin.
Gad était un costaud, bien que de taille moyenne, il parlait peu, comme beaucoup de sabras (juifs nés en Israël). Il avait perdu la faconde des juifs du ghetto de Lvov dont étaient originaires ses grand-parents.
Il était capable de faire 80 km en deux jours avec un sac de 30 kg sur le dos, comme lors des épreuves d'intégration aux Golanis, de nuit, en évitant les pièges de ses chefs postés tout le long du parcours, prêts à lui casser la figure s'il se faisait attraper en faisant du bruit sur les cailloux du chemin...
Dov était plus fragile, c'était un poète, un intellectuel, on ne l'avait gardé qu'en raison de son amitié profonde avec Dad. Ce qui était un gage d'efficacité selon les psychologues du Mossad.
09:20 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.01.2008
IV-6
Ils firent l 'amour en silence et avec une violence inouïe, malgré la présence du professeur Wettstein dans le borj, et bien qu'il fut sourd comme un pot, ou qu'il affectât de l'être, ou qu'il n'était pas tombé de la dernière pluie.
Peut-être l'instinct du danger rendit-il leur étreinte plus profonde, puissante, intense...
Il ne parlèrent pas, il y a avait trop à dire ou si peu... au regard de la vie qui s'accroche, résiste, prend racine...
Ils prirent racine , prondément, l'un à l'autre, comme deux êtres enchaînés, deux enfants qui se tiennent par la main dans la tempête et ne veulent plus se quitter.
Flottait dans l'esprit d'Anatole l'image de Sonia... mais il sentait quelque part qu'elle lui accordait cette ultime étreinte ... comme un gage d'amour par procuration...
11:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2008
IV-4
Il se faisait tard. Le professeur indiqua à Asha et Anatole une chambre à l'étage.
Les murs teintés à la cire orange, deux kilims rouge et jaune, une terrasse et un seul lit...
Asha ne fit pas mystère de ses intentions, elle se déshabilla prestement. C'était une grande fille, brune, jolie et longiligne.
Elle se coucha sous le drap et comme Anatole hésitait, elle lui fit le plus simplement un peu de place afin qu'il la rejoigne.
Anatole n'était pas franchement à l'aise. Il essayait de pas la toucher, mais c'était difficile tant le lit était étroit.
Comme il ne se décidait pas, Asha posa sa main sur lui, prit d'autorité la sienne qu'elle posa sur son ventre, -elle avait comme toutes les filles du maghreb le pubis rasé- et concéda cette parole, qui n'avait rien de rassurant, si ce n'était de l'humour :
_ Anatole, demain on sera tous mort...
20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.01.2008
IV-3
IV-3
Le professeur revint en tonitruant...
_ Asha, ma merveilleuse ! Qu’est-ce que tu racontes encore à notre ami ?!
Et s’adressant à Anatole :
_ Ne l’écoutez pas, jeune homme, Asha, est une fille adorable, mais elle a fuit le paradis pour l’enfer… Elles avaient tout pour être heureuses, ici… elle et sa mère… Elles ont fui ! Déserté ! Elles m’ont abandonné pour l’enfer… pour Nouv-York !! Ajouta-t-il faussement joyeux.
_ Il était fou amoureux de ma mère, glissa Asha à l’oreille d’Anatole, c’est pour ça qu’il m’adore !
Pendant que le professeur s'affairait dans l'arrière cuisine, sur des bouteilles de gaz posées au sol, qui permettaient toutes les cuissons.
19:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
IV-2
IV-2
Il burent le thé brûlant et les dattes grosses comme des abricots.
_Les meilleures de tout le maghréb, assura Asha.
Visiblement le professeur ne pensait pas comme tout le monde. C’était à n’en pas douter un ancien de "68", vu la collection d’affiches et de slogans mémorables qui ornaient son bureau.
_ Il a fait les barricades... Le quartier latin, l’occupation de l’Odéon, les « autonomes » les « maos »… il y était.. Fit Asha en pinçant la cuisse d‘Anatole qui s’extasiait de tout ce fatras révolutionnaire collé aux murs.
Paradoxe saisissant, le professeur avait une collection impressionnante d'armes dans ratelier au-dessus de son lit.
_ Pour un anarchiste et un pacifiste, c’est pas mal dit Anatole.
Pendant que le professeur allait remplir la théière, Asha poursuivit à mi-voix.
_ Et puis il est devenu pro palestinien, et on l’a accusé d’antisémitisme, et comme il était juif, alors ça il a pas supporté… il est parti dans le désert… et s’est passionné pour les civilisations berbères et les peuples du désert…
Voilà, tu sais presque tout…
_ Et maintenent, c’est une tête de mule qui veut pas livrer le secret de ses découvertes pour préserver la paix dans le monde, c'est ça ? Fit Anatole en écho.
13:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2008
IV-1
IV-1
Le professeur Wettstein les reçut à bras ouverts. C’était un grand costaud, un colosse de deux mètres et cent kilos, barbe blanche et cheveux hirsutes, assez conforme à l’image de vieil anarchiste truculent et bougon, qu’en avait esquissé Asha.
Il occupait un petit « borj » fortifié niché au creux de la vallée, planté de palmiers et d’orangers qu‘une source miraculeuse irriguait.
_ C’est « mimi » ici , fit Asha avec un clin d’œil pour Anatole, c’est ici que j’ai passé la moitié de mon enfance…
Anatole était « sur le cul ». Ainsi Asha connaissait le professeur Wettstein et ne lui avait rien dit… Peut-être même était-ce son grand-père ? Ou un oncle…
Asha coupa court à toutes les spéculations.
_Il a été l’amant de ma mère pendant cinq ans…c’était un homme adorable…
13:22 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.01.2008
III-10
III-10
A l’approche d’un douar, Asha bifurqua brutalement à gauche et enfila dans un nuage de poussière une piste qui s’insinuait entre deux petits djebels.
_ Un vrai tape-cul cette caisse ! Maugréa Asha…Ils auraient pu me trouver autre chose que ce 4X4 préhistorique... J’ai rendez-vous avec un ethnologue, pas avec un paléontologue !
19:36 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
III-9
Les albanais s’étaient mis d’accord, ils s’appelleraient Borojic, Corojic et Dorojic. C’était mieux que B, C et D.
Arojic avait pris une balle dans la tête à l’aéroport. Probablement un coup du Mossad. Mais enfin quelle idée de s’habiller en touriste !
Eux l’avaient jouée fine en moines bouddhistes. Sauf que maintenant, ils avaient la tonsure.
Ils se répartirent les chargeurs et les munitions. Ils avaient les inévitables Kalachnikov à cross repliable. Les israéliens avaient sans doute les fameux pistolets mitrailleurs Uzi. C’était un peu la courses des bulldozer contre les Ferrari. Ça s’annonçait mal. Il fallait s’y faire.
Mais enfin eux, les Albanais étaient complètement cinglés et prêts à tout. Alors que les israéliens même agents du Mossad, ils ont des gosses, et une femme, jeune et jolie… Ils sont pas prêt à sacrifier tout.
Et des filles , ils en avaient à la pelle, il suffisait de puiser dans les cargaisons de celles qu’ils envoyaient à l’ouest... Parfois pour recouvrir de fausses créances, des dettes bidons, arrangées par les courtiers véreux de l’organisation. Parfois kidnappés. Toujours battues.
_ Ça attendrit la viande disait Borijic.
Et ça faisait ricaner Dorojic de ses noires et manquantes. Corojic, lui, ne parlait pas. C’était un économe en tout. Même quand il tuait, c’était d’une seule balle.
10:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2008
III-8
_ Donc le professeur Wettstein a fait une découverte ?
_ Oui, ce spécialiste des cultures berbères, qui parcourt à pied l' Atlas et le Sahara depuis 30 ans, aurait trouvé des documents anciens prouvant l'origine exacte des juifs berbères...
_ Dans quel sens ?
_ Ça, on le sait pas encore, le vieil original, têtu comme une mule, anarchiste à ses heures, n'en fait qu'à sa tête et ne veut rien dire... Il aurait même enterré les documents dans une yeshiva (école talmudique) ou la synagogue d'un mellâh (ancien quartier juif) quelques part dans le sud marocain...
_ Et pourquoi il ne veut-il pas les donner ?
_ Il craint, que ça n'envenime les choses, il a pas tord soit dit en passant, entre les différentes parties du conflit israëlo-palestinien...
_ Il est incorruptible cet homme ?
_ Non, j'ai une valise de dollars pour lui, fit Asha en jetant le pouce en arrière...
_ Tu m'as dit que cet un vieil anarchiste...
_ Il s'occupe d'une association pour la sauvegarde de la culture berbère, il a toujours besoin d'argent...
_ Ça va s'arranger alors... pas besoin d'armes !?
_ Moi, j'ai dix mille dollars, mais la mafia albanaise en a deux fois plus... et eux ils sont prêt à tuer et torturer pour obtenir ce qu'ils veulent...
_ Qu'est-ce que la mafia albanaise vient faire la dedans ?
_ Quand y a de l'argent à gagner Anatole, la mafia est toujours là... Dans un sens ou dans l'autre, pour vendre ou faire chanter une des partie du conflit... Et je t'ai pas dit le meilleur...
_ Le meilleur ? Fit semblant de s'extasier Anatole.
_ Le meilleur, oui, Monsieur Anatole ... le Mossad !
19:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'apparition des Subbotniks (in WIKIPEDIA)
L'apparition des Subbotniks
Les Subbotniks proprement dit apparaissent en milieu paysan, sous le règne de Catherine II de Russie à la fin du XVIIIe siècle[2], ou peut-être sous celui d'Alexandre Ier de Russie au début du XIXe siècle, dans la région de Voronej. « Aucun communauté juive n'existait dans les provinces où les Subbotniks prospérait[7] ». Une influence juive directe est donc improbable, malgré une accusation portée au début du XIXe siècle par l'archevêque de Voronej, selon laquelle « La secte a été créée en 1796 par de vrais Juifs[4] ».
Bien que leurs relations exactes avec les autres sectes ne soient pas claires, ils trouvent bien leur origine dans un contexte plus large, celui des sectes chrétiennes judaïsantes de l'époque[2].
Les sectes chrétiennes judaïsantes :
La Russie impériale a une longue histoire de sectes contestant le pouvoir de l'Église orthodoxe russe, souvent sous des formes judaïsantes. Ces sectes s'appuyaient sur les paysans pauvres en opposition à l'ordre social dominé par les grands propriétaires terriens soutenus par l'église.
L'une des sectes les plus anciennement identifiées, connue sous le nom d'hérésie des judaïsants (Zhidovstvuyushchiye[3] - « Ceux qui suivent les traditions juives », ou encore Strigolniki ), est celle de Skhariya (ou Zecharia) le Juif, qui apparaît à Novgorod et Moscou dans la seconde moitié du XVe siècle. Elle mène une intense campagne de judaïsation, dont l'un des fidèles, l'archiprêtre Aleksei, parvient à convertir l'entourage d'Ivan III, grand-duc de Moscou. Cependant, bien qu'initialement tolérée, la secte est ensuite réprimée (Skhariya le Juif est exécuté en 1491 sur l'ordre de Ivan III) et semble disparaître au début du XVIe siècle. Sa doctrine n'est connue que pas les textes de ses persécuteurs, mais elle aurait rejeté la divinité de Jésus[4].
A la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle apparaissent les Molokan, des paysans chrétiens rejetant le pouvoir des grands propriétaires fonciers, l'église orthodoxe, le culte des icônes et le baptême par l'eau. Ces groupes ne rejettent pas le christianisme ou l'importance de Jésus en tant que Messie, mais revalorisent fortement l'Ancien testament et ses pratiques. En particulier, ils ne mangent pas de porc, et suivent un régime alimentaire qui, s'inspirant du Lévitique[5], présente certaines ressemblances avec la cacheroute juive.
Le XVIIe et le XVIIIe siècle voient le développement de nombreuses sectes chrétiennes plus ou moins inspirées des Molokan, comme les Doukhobors (cités pour la première fois en 1785 par l'archevêque orthodoxe russe Ambrosius[6]), les Postoiannye (un sous-groupe Molokan),...
13:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
III-7
_ D'autant que ce qui nous intéresse maintenant c'est ça, ajouta Asha en caressant amoureusement la crosse noire et luisante du Magnum calé entre les sièges comme un petit chat.
Au point où on en était, Anatole n'était pas contre l'usage des armes, si elles pouvaient se réveler utiles. Simplement il aimait comprendre.
_ Et en quoi ca intéresse le monde ton histoire de berbères ?
_ C'est simple, Israël est un pays qui a vocation a rassembler les juifs du monde entier... c'est aussi un pays contesté de toute part... Si on peut prouver que les juifs berbères sont une des dix tribus perdues d'Israël, on renforce son identité, si on peut prouver le contraire on le fragilise...
_ Vu sous cet angle...
_ Sur le terrain, Israël a une force impressionnante, soutenu par les américains... Le combat se déplace sur le terrain idéologique...
10:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.01.2008
III-6
_ Et pourquoi des berberes de l'Atlas se seraient convertis au judaïsme ?
_ Il existe dans l'histoire, des cas de tribus ou de populations non juives qui se sont converties au judaïsme... soit pour s'émanciper d'une tutelle politique ou religieuse et affirmer leur indépendance, comme les subbotniks en Russie, qui ne font pas mystère de leur origine slave... ou comme les "blacks hebrews", des afro-américains, au États-Unis pour des raisons plus complexes d'identité... soit par conviction ou conversion, car même si le judaïsme ne fait pas de prosélytisme, il est des époques où c'est arrivé... ou enfin par glissement liturgique, le christianisme primitif était si proche du judaïsme, que certains chrétiens isolés y sont retournés... refus de la Trinité et du Nouveau Testament... observance de certaines pratiques propres au judaïsme... circoncision, interdiction alimentaires...
_ Eh ben tu en sais des choses...
_ Bon je vais pas te farcir la tête... avec mes cours d'ethnologie.
19:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2008
*LANGUE VERNACULAIRE in WIKPEDIA
Excusez-moi je peux pas m'empêcher de mettre des notes de mes recherches sur internet, c'est mon côté instit' et ça me laisse du temps pour écrire la suite de l'histoire, boire mon café et regarder les filles qui passent dans la rue ;-))
J'espère que Samira lira pas... :-(
*******************************
*LANGUE VERNACULAIRE in WIKPEDIA
On appelle langue vernaculaire la langue locale communément parlée au sein d'une communauté. Ce terme s'emploie souvent en opposition avec le terme langue véhiculaire.
Par exemple, lorsque la liturgie catholique était en latin, elle était la même dans le monde entier : le latin servait de langue liturgique véhiculaire. Dans le même temps, l'enseignement de la religion se faisait en langue locale, la langue vernaculaire.
On trouve aussi cette dichotomie dans les échanges économiques et commerciaux d'aujourd'hui, où l'anglais sert de langue véhiculaire face à la multitude des langues vernaculaires.
Le mot « vernaculaire » vient du latin vernaculum qui désignait tout ce qui était dressé (esclaves compris), élevé, tissé, cultivé, confectionné à la maison, par opposition à ce que l'on se procurait par l'échange. Son sens s'est rapproché de celui des mots « autochtone » ou « indigène ».
17:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
III-5
Asha poursuivit son cours d'ethnologie...
_ Il n' y avait jusqu à présent pour pas vraiment de preuve, de trace archéologique attestant de l'origine juive des berbères de l'Atlas, si ce n'est qu'ils étaient de religion juive...
_Quel genre de trace archéologique ?
_ Les peuples qui migrent, que ce soient les gitans venus d'Inde, les colons américains, les mélanésiens qui envahirent les îles de l'océan pacifique, emportent généralement avec eux, sinon des objets ; bijoux, pièces de monnaie, médailles, poteries, du moins des savoirs-faire qu'ils reproduisent et transmettent à leurs descendants, même en s'amenuisant ; des techniques, des pratiques culturelles et vestimentaires ; chants, légendes, et surtout leur langue, qu'elle soit vernaculaire* ou liturgique. Et si cette langue se modifie ou disparait, il en reste des traces pendant des siècles, dans les mots, les expressions, la grammaire...
_ Les juifs berbères parlaient berbère et lisaient les textes sacrés dans cette langue, leurs costumes, coutumes, légendes et traditions étaient semblables à celles des autres berbères de l'Atlas. Et on n'a retrouvé aucun bijou, pièce de monnaie, fibule, texte, inscription hébraïque datant de l'époque supposée de leur exode... Comme on en a touvé à Volubilis...
_ On peut imaginer que quelques noyaux de cette diaspora qui a essaimé en Europe et sur le pourtour de la Méditerranée, après avoir été chassé d'Israël par les romains, aient convertis les tribus berbères de l'intérieur et se soient ensuite fondus en elles jusqu'à en perdre leurs particularités...
_ Oui, c'est une hypothèse... l'hypothèse mixte.
_ Mais la découverte du professeur Wettstein remet tout en cause... c'est du moins ce qu'il affirme...
11:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DOCUMENT in WIKIPEDIA
***********************************************************************
DOCUMENT in WIKIPEDIA
La recherche des dix tribus [modifier]
Quelle que soit la réalité historique, la disparition supposée des dix tribus a suscité dès l'antiquité de nombreuses hypothèses chez les juifs orthodoxes, et à leur suite chez les chrétiens. L'hypothèse la plus simple semblait être l'assimilation des déportés aux populations moyen-orientales, qu'elles soient juives ou non-juives. Mais l'idée selon laquelle les tribus avaient pu trouver refuge dans des régions reculées du monde a été avancée par beaucoup, et a entrainé de nombreuses recherches.
Ces recherches ont encore une influence importantes pour certaines populations. C'est ainsi que les Falashas d'Éthiopie ont pu obtenir d'être reconnu comme juifs, et ainsi immigrer en Israël grâce à leur reconnaissance comme descendant de la tribu perdue de Dan par le grand rabbin sépharade d'Israël, Ovadia Yossef, en 1973.
De même, « en mars 2005, après avoir étudié la question, [le grand rabbin séfarade d'Israël, Rabbi Shlomo Amar] a formellement identifié le Bnei Menashe en tant que "descendants d'Israël", confirmant leur revendication à une ascendance juive »[16]. Les Bnei Menashe sont un groupe d'apparence asiatique vivant sur la frontière Birmane, dans le Nord-Est de l'Inde, et affirmant depuis les années 1950 descendre de la tribu de Manassé, laquelle serait venu trouver refuge au fonds de l'Asie. Environs 1 000[16] d'entre eux vivent fin 2006 en Israël, officiellement convertis. Sept milles autres[17] vivent toujours dans le Mizoram, attendant une conversion officielle.
Il y a aussi le cas Les Lemba ou Lembaa, un groupe ethnique (noir) d'Afrique australe. Au nombre d'envion 70.000, ils sont présents en Afrique du Sud (en particulier la province de Limpopo), mais aussi aux Zimbabwe, Malawi, Mozambique. Bien qu'ils parlent des langues bantoues proches de celles des autres groupes ethniques qu'ils côtoient, ils ont des pratiques religieuses similaires à certaines de celles partiquées dans le judaïsme, et une tradition de peuple nomade avec des origines supposées en Afrique du nord ou au Moyen-Orient. Selon leur tradition orale, leurs ancêtres seraient des Juifs qui seraient venus d'un endroit dénommé Sena pour s'établir en Afrique de l'Ouest. Selon les recherches menées par le Britannique Tudor Parfitt, Sena serait dans la région du Yémen. Les Lemba ont un lien avec le Grand Zimbabwe. Ils y établirent une synagogue, avec leur propres rabbis. Les Lembas ont des restrictions sur les mariages inter-ethniques avec des non-Lemba, et il est particulièrement difficile pour un homme de devenir Lemba. Les Lemba présentent une proportion hors norme d'hommes possédant un polymorphisme du chromosome Y connu sous le nom d'haplotype modal Cohen[18], ce qui suggère en effet une liaison avec les populations juives traditionnelles. Un sous-clan des Lembas, le Clan Buba, est considéré par les Lemba comme leur caste de prêtres. Parmi les Bubas, 52% des hommes possèdent l'haplotype modal Cohen, ce qui correspond aux proportions trouvées chez les Juifs "Cohen" (prêtres). Les Lembas ont également un important pourcentage de gènes souvent trouvés chez les Sémites non-Arabes.
D'autres groupes non reconnus comme juifs affirment une origine venue de l'ancien royaume de Samarie, ou sont suspectés de par leurs coutumes d'avoir une telle origine.
Il existe des associations qui se consacrent à la recherche des dix tribus perdues.
10:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.01.2008
III-4
III-4
_ Jusqu'à présent, il y avait deux théories... La thèorie des Douze Tribus. Une des tribus perdues d'Israël serait parvenue dans l'Atlas marocain et aurait vécu dans l'isolement jusqu'à l'arrivée des européens au 19 ème siècle.
_ Et l'autre?
_ Ce serait tout simplment des berbères convertis au judaïsme sous l'Empire romain.
_ Et alors ça change quoi ?
_ Tu comprends rien Anatole, c'est fondamental !!
19:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
III-3
Asha conduisait le vieux Range Rover d'une main alerte et fumait de l'autre par la portière ouverte, donnant parfois de brusques coups de volants pour éviter les cailloux et les nids-de-poule. Derrière eux, la piste s'étirait dans un nuage de poussière et à l'horizon, les interminables collines arides parsemées d'arbres rabougris et de buissons secs.
_ On va où ? Demanda Anatole, sans conviction.
_ Professeur Wettstein, tu connais ?
_ ... !!!
Au silence agacé d'Anatole, Asha se fendit d'un sourire amusé et de quelques explications.
_ Anatole, tu va faire comme si je t'avais rien dit, comme si t'avais deviné ça tout seul... Le professeur Wettstein est un éminent professeur... Il vit dans le désert depuis vingt ans, une espèce de Père de Foucault... Tu connais ?
_ Oui, j'ai fais ma scolarité chez les Jésuites... répondit Anatole.
_ Sauf qu'il est juif. Il a fait des recherches sur les berbères... sur les tribus juives qui vivaient dans l'Atlas nombreuses et depuis fort longtemps... sans que l'on puisse exactement prouver leur origine...
_ Et alors...
11:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.12.2007
III-2
Il se réveilla contre Asha. Elle était à peu près nue sous la couverture de laine et se tenait si près de lui qu'il sentait son souffle contre sa joue.
Et entre ses cuisses, une arme de gros calibre. Il n'osa pas bouger.
Par une des ouvertures de la tente, il pouvait observer le ciel étoilé. Et à quelque distance du campement, les chameaux -des dromadaires pour les spécialistes- une patte relevée et entravée, qui se mirent a blatérer à l'approche d'une hyène ou d'un crotale... Ces petits serpents gras et courts qui vous regardent méchamment
Il avait une idée approximative de la faune du désert. Mais ça ne le rassurait pas.
Et dans sa djellaba brune un bédouin armé qui faisait les cents pas...
19:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
III-1
C'était une tente de bédouins et de chameliers comme il en avait vu sur les livres d'images de son enfance. En grosse laine cardée. Quelques piquets centraux. Les femmes à l'écart et les homme au milieu.
Seule Asha, il savait enfin son prénom prononcé par les hommes, se tenait avec eux, légèrement voilée d'un foulard bleu.
Le thé était brûlant, les dattes délicieuses. Il burent aussi du lait de chamelle.
Asha parlait doucement dans cette langue qu'il ne comprenait pas. Les hommes écoutaient et répondaient après de longs silences, comme pour mesurer le poids des mots. Mêlant parfois le français et l'anglais à leur conversation, pour exprimer ce qui n'existait probablement pas dans leur langue.
Bien que mort de fatigue, Anatole, finit par comprendre qu'on parlait d'un certain professeur Wettstein, de documents, de fortes sommes d'argent et d'armes...
Rien que du banal, somme toutes, au regard de la situation.
Harassé, il finit par s'endormir bêtement sur son tapis.
11:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.12.2007
II-12
II-12
Ils restèrent ainsi quelques minutes à écouter les bruits de la nuit qui naissent, ronronnent, crépitent et s’amplifient comme une symphonie... Avec leurs sonorités, douces, aigues, des voix de basse et de baryton… Un récital dans le silence de la nuit et des étoiles.
Anatole n’avait jamais prêté garde au silence de la nuit ; c’était merveilleux. Il faillit en oublier le temps.
Il avait disparu du temps pendant quelques instants, il s'était évadé de son corps, s'était pénèré, imprègé
les bruits et les mystères de la nuit.
La nuit à une âme… C’est celle des revenants, des révoltés, des poètes, des damnés, des insoumis…
Il n’est pas donné à tous d’entendre la complainte de la nuit…
Quand il reprit corps, il n’aurait su dire combien de temps avait duré l’instant d‘abandon et d‘oubli.
Des ombres s’approchèrent, elles étaient trois ou quatre.
19:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-11
II-11
La nuit commençait à tomber. La nuit tombe vite en Afrique. Elle décida de couper à travers le vallon désertique et caillouteux qui s’ouvrait en contrebas de la route. Anatole la suivit.
Ils marchèrent une bonne demi-heure, quand elle lui fit signe de sarrêter, un peu à la façon des chasseurs de brousse, en levant l’index. Sans un mot, sans bouger, figée dans sa position d'attente. Comme un chien de chasse à l‘arrêt.
10:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.12.2007
II-10
II-10
Elle attendit tranquillement que le taxi eut disparu à l’horizon puis elle sortit un téléphone ultra plat -Anatole ne se souvenait pas d’en avoir vu de si petits- de la taille d’une boite d’allumettes. Elle baragouina quelques mots dans un sabir incompréhensible avant de le refermer et le replacer sous une bretelle de son soutien-gorge.
19:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-9
II-9
Le taxi freina brutalement dans un nuage de poussière sans que rien ne laissât prévoir cette manœuvre.
La fille sortit en plein désert, paya le chauffeur et fit signe à Anatole de le suivre.
Elle grilla une ultime cigarette, et fourra ce qu’il restait du paquet dans sa poche, avec tous les mégots qu’elle avait soigneusement conservés.
Cette fille ne laisse aucune trace, pensa Anatole. Il commença même à comprendre pourquoi elle ne lui offrait pas de cigarettes. Il était susceptible de les jeter par mégarde, de laisser des traces de leur passage.
15:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-8
II-8
Elle avait dit « confondu»…
Comme s’il s’agissait d'un jeu, d’une partie de pétanque et que quelqu’un avait fait un « carreau » sur la mauvaise boule.
Quelle était cette fille qui parlait des gens qu’on assassine, comme des têtes qu’on éclate, qu'on bouscule, qu'on renverse dans un grand "chamboule tout" de boîtes de conserves dans une fête foraine?
Ça promettait.
Il fit semblant de s’intéresser au paysage pour dissimuler sa gène, son irritation, d'être manipulé et finalement dans de si bonnes mains...
Le taxi avait quitté la ville, il filait maintenant à travers une zone semi désertique, où quelques arbres rachitiques disputaient l’espace à des chèvres voraces perchées sur les plus hautes branches.
09:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.12.2007
II-7
II-7
_Anatole, il y a eu du rififi, c’était pas prévu…
Elle poursuivit sur le même ton calme et nonchalant.
_ C’est Sonia qui m’envoie… évidemment, vous aviez deviné.
Anatole n’avait rien deviné du tout, il se demandait simplement pourquoi le type était mort.
_Et le type… qui est mort…
_ Anatole, c’est pas nous… pas Sonia, ce que je peux dire c’est qu’on vous a sorti de là à temps...
_C’est moi qu’ils voulaient abattre?
_Anatole, je dois rien dire… mais je peux répondre à ça… oui c’est vous qu’ils voulaient abattre.. Ils se sont trompés… ou plutôt… on vous a exfiltré avant… Ils ont confondu... c’est tout… ça arrive…
Puis elle tourna la tête en gardant la main sur sa cuisse et s’intéressa au paysage en grillant une cigarette qu‘elle alluma d‘une main.
19:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-6
II-6
La fille posa la main sur sa cuisse pour le calmer ou le rassurer et il sentit la vie revenir à lui, comme on remonte du fond d’une piscine après une longue apnée.
Il émergea et aspira une grande bouffé d’oxygène.
La fille donna quelques indications au chauffeur dans une langue qu’il ne comprit pas mais qu’il pensa être du tamazight.
Puis elle s’adressa à lui d’une voix très douce, en français et avec un accent prononcé.
09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2007
II-5
II-5
« Keep quiet and move in… » (Sois calme et rentre dans le taxi) avait dit la fille dans un anglais correct et plutôt gentiment.
Anatole baissa la tête et s’engouffra dans le taxi sans savoir s’il était mort ou vivant. Est-ce que les morts parlent? Il n’insista pas...
Maintenant plus rien ne pressait. Ça pouvait attendre. Surtout s’il était mort.
Et s’il était vivant, ce serait une bonne nouvelle.
Il n’y avait rien de pire, maintenant, il ne pouvait y avoir que du meilleur.
18:35 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-4
II-4
Ça sentait le roussi. Et s’il y a avait une deuxième balle pour lui dans la poche du blouson ? Il prit la direction opposée et quitta le hall à grands pas.
Il héla un taxi. A l’instant même où il allait ouvrir la porte, une main glacée se posa sur lui...
Il se sentit défaillir, son corps se liquéfier, se cryogéniser... Il attendit l’impact de la balle... Comment ça se passe ? Est-ce qu’on sent d’abord le choc ? Le bruit ? La douleur ? La fumée ? L'éclair ?
Il parait qu’on ne sent rien… qu’on perd connaissance tout doucement… comme on se vide de son sang.
Qu’on revoit sa vie dans un film… Au ralenti ? En accéléré ?
Que le ciel tourne, une syncope, un gyrophare, un manège, un «merry-go-round»… Tiens, il avait dit ce mot en anglais… Était-il déjà mort ? Dans l’au-delà ?
Est-ce que Dieu parlait anglais ?
Il ne manquait plus que ça!
15:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-3
II-3
Il allait quitter discrètement les lieux du crime… quand dans la foule, il sentit un regard posé sur lui. Là-bas une fille à lunettes noires ne le quittait pas des yeux. Grande, brune, élancée, blouson de cuir plutôt inattendu sous cette chaleur. Les mains enfoncées dans les poches...
Et si c’était Sonia… maquillée, grimée…
Non, ça ne collait pas, Sonia n’a pas cette corpulence...
D’ailleurs, à peine avait-il émis cette hypothèse que la fille avait disparu. Quelle souplesse, une tigresse! Elle s'était habilement glissée dans la foule disparate des badauds.
Il eut beau balayer le hall du regard, scruter tous ses recoins, pfuitt!! Envolée...
12:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.12.2007
II-2
II-2
Anatole fut surpris par l’apparence du type baignant dans son sang. Bien que le crâne fut écrabouillé, il réalisa qu'il était blond comme lui, qu’il portait une veste genre safari semblable à la sienne et que son sac à dos était bleu comme le sien. C'est pas extraordinaire comme similitudes en soi, mais ça faisait quand même beaucoup de coïncidences...
Un frisson lui parcouru l’échine. E si… c’était lui, Anatole, qu’on avait voulu abattre ?
L’hypothèse était surprenante mais pas si absurde que ça.
Il est des pressentiments qui ne trompent pas…
17:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
II-1
I-1
Le type gisait dans une mare de sang. La balle lui avait fracassé la boite crânienne. Quelques policiers tentaient vainement d’écarter les curieux. Certains avaient sorti les caméras et filmaient. L’aventure continuait. Après l’atterrissage en catastrophe sur le tarmac, ils avaient droit à de la cervelle, bouillie, chaude et diluée qui éclaboussait le sol. Ça promettait ce trek dans le Hoggar ou le Tassili !
L’agence ne reculait devant aucun sacrifice pour pimenter le voyage, on était en plein "snuff movie".
Même si les plus avisés commençaient à se douter que ça faisait beaucoup pour un "trek inoubliable", ils savaient qu’ils auraient des choses à raconter pour épater les amis, les voisins et les collègues de bureau...
C’était du lourd.
10:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2007
CHAPITRE I (ANATOLE SAISON II)
I-1
Anatole reçut la nouvelle comme une gifle.
La lame des ciseaux avait tranché net l’enveloppe d’où il avait extirpé le feuillet parcheminé blanc et l’inévitable rose rouge séchée de Sonia.
Et un billet d’avion…
La lettre commençait et finissait ainsi : « … Anatole, prends le billet… Ne dis rien à personne… Brûle la lettre… »
C’était court et clair. C’était Sonia.
I-2
Salima eut du mal à encaisser le coup.
Elle comprenait bien qu’Anatole partait pour de bon et probablement loin.
Il eut même l’audace d’ajouter deux pulls pour égarer la pauvre fille, se doutant pertinemment qu’il n’en n'aurait pas besoin.
I-3
L’avion se posa en catastrophe au bout du tarmac, exécuta une espèce de figure inattendue, un pas de crabe. Il tangua et se rétablit, percutant dans un nuage de fumée noire, un « chien jaune » qui s‘échinait sur la piste. Son corps inerte et pantelant projeté à quinze pieds.
Les passagers plus soulagés d’être en vie que satisfait de la manoeuvre applaudirent à tout rompre. Certains auraient même pu croire que ça faisait partie du projet de voyage. Une semaine de trek dans le Hoggar pour retraités et bobos parisiens, ça pouvait bien commencer par une petite prestations sensationnelle. Un pas de danse funambulesque et macabre.
........
I-4
Le projet d’Anatole était tout autre. Comment trouver Sonia dans cette botte de foin? Euh, dans ce sac de sable?
Les interminables contrôles des douaniers qui prennent des airs de gravité pour déchiffrer les passeports dans la jungle des tampons, passés, il alla dissiper un besoin naturel, lorsque deux sbires à moustache et képis, galons chamarrés, la face grêlée par l’abus de plats en sauce, de mauvais tabac et de longues nuits de veille au poste à jouer aux dominos, lui intimèrent l’ordre de les suivre.
I-5
Toutes les techniques policières commencent peu ou prou pareil. Elles consistent à faire attendre l’impétrant. A ne lui donner aucune raison à son arrestation. A laisser planer le doute quant aux faits qui lui sont reprochés... Le pire des crimes tant qu’il n’est pas dit, peut être pire encore que celui qu'on imagine.
L’imagination, même dans le cerveau d’un policier obsédé n’a pas de limite.
La réalité en a.
I-6
Après qu’il eut attendu trois heures sur un banc crasseux, et que les autres se gavaient de thé à la menthe, de sandwichs et pâtisseries orientales, un gros sbire arriva enfin, bedonnant, mal fagoté, le ceinturon sous les aisselles. L'air gras et satisafait.
Il jeta sans même regarder Anatole, une série de clichés sous son nez… On y voyait assez nettement une fille qui pouvait être Sonia sur une plage.
Et mastiquant tranquillement son sandwich qui empestait, il ajouta en postillonnant des épaves de charcuterie halal : « Elle est où? »
Trois plombes pour entendre ça!! Il aurait pu commencer par « Tu la connais, cette fille ? » Non, c’était carrément « Elle est où? ».
Si l’interrogatoire connaît des techniques. L'esquive aussi.
I-7
Si on vous pose une question intimante et que vous répondez « non » , vous tombez dans le jeu du coupable.
Si vous dites oui, vous collaborez, évidement.
L’astuce est de répondre « oui » et de rien dire. De donner des infos bidons, de bonne foi.
_Oui… Je la connais… elle était dans l’avion…
Le gros sbire faillit s’étouffer… Il cracha sa mayonnaise halal dans la corbeille.
_ Je crois ajouta Anatole.
Je crois changeait tout, il réduisait à néant les convictions de la grosse baleine.
_Comment vous croyez????
D’enquêteur le gros sbire était devenu quêteur, demandeur. Le jeu avait tourné. La donne avait changé de main.
En prime le gros crétin était mortifié d’avoir « chambré » Anatole trois heures, trois heures à ne rien faire… Le temps qu’avait mis a profit la fille pour disparaître de la salle des contrôles.
Il allait se prendre un savon d’enfer la grosse baleine, pensa Anatole satisfait.
I-8
La danse des responsable arriva. On envoya à Anatole toute la hiérarchie des chefs du poste. Et il confirma. La fille était bien dans l’avion, enfin il a bien cru la reconnaître.
Anatole se fendit même d’un portrait robot pour décrire au mieux la façon dont elle était habillée et ses bagages.
Sa correspondait confirma l’hôtesse de l’air dépêchée sur place.
Évidemment Anatole n’était pas assez idiot pour ne pas avoir pioché ça et là des éléments vestimentaires réels. Avec les inévitables approximations des témoins de bonne foi.
I-9
Une agitation fébrile se produisit. Les policiers se mirent à courir en tout sens. Un drame venait de se produire, apparemment dans l'enceinte de l'aérogare. Anatole comprit qu'on venait de descendre un type. Qui ?
Les flics ne prirent pas la peine de lui expliquer quoi que ce soit. Ils le congédièrent sans coup férir.
Le dernier policier lui signifia qu'il n'y avait aucune charge contre lui et qu'il devait déguerpir.
Anatole n'était pas dupe, il savait qu'on allait le suivre. Ca aussi c'était un vieux truc de flics. Il commençait à apprendre et il apprenait vite.
I-10
Evidemment on ne lui fit aucune excuse. Pourquoi faire des excuses quand on est mal élevé ?
Dans la police, les gens les plus efficaces sont ceux qui sont instruits et bien élevés, les autres sont des badernes. Malheureusement les premiers sont pas assez nombreux. C'est pour ca que les délinquants et les terroristes ont de beaux jours devant eux.
Car menacer, frapper et faire avouer quelqu'un est à la portée du premier imbécile venu. Réfléchir et comprendre est une autre paire de manches.
Donnez moi dix hommes, j'en ferai avouer neuf, disait Fouché, évidemment le coupable sera le dixième.
21:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2007
_ Ca vous fait rire ? _ Pas moi
15:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
SAISON I (Les XII chapitres)






